La Grèce ne figure sur aucune liste de pays à éviter : le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères place l’ensemble du territoire en « vigilance normale ». Le risque qui concerne réellement un voyageur est ailleurs, et il est banal — le vol à la tire, l’été, dans les lieux où tout le monde passe.
Cet article s’appuie sur deux sources publiques : la fiche Sécurité Grèce de France Diplomatie (mise à jour le 15 septembre 2026) et les consignes de prévention que la police grecque (ΕΛ.ΑΣ.) publie chaque été. Il met à plat les lieux nommés, le moment le plus exposé du séjour, et l’ordre des démarches si cela arrive.

Le niveau de sécurité en Grèce — « vigilance normale », et pourtant des vols
France Diplomatie place l’ensemble du territoire grec en vigilance normale, le niveau le plus bas de son échelle. Aucune région n’est déconseillée.
La même fiche est pourtant explicite sur un point : les vols à la tire et les effractions de véhicules sont fréquents, en particulier pendant la période estivale et dans les lieux touristiques. Et elle ajoute une conséquence qu’on oublie en préparant un voyage — ces vols s’accompagnent souvent de la perte des papiers d’identité et des documents de voyage. Ce n’est pas la perte de l’argent qui gâche le séjour, c’est la matinée passée à refaire des papiers.
Où cela se produit — les quartiers et les trajets que nomme le Quai d’Orsay
La fiche ne se contente pas de dire « les lieux touristiques ». Elle nomme des endroits précis, et c’est la partie la plus utile du document.
- Athènes — les quartiers proches de l’Acropole, c’est-à-dire la zone où se concentre la quasi-totalité des visiteurs.
- Monastiráki — le marché aux puces et ses rues étroites, où la densité fait le reste.
- Filopappou — la colline en face de l’Acropole, moins fréquentée et plus isolée.
- Omónia — la place et ses environs, également citée pour les rassemblements.
- Les transports, et en particulier les trajets vers et depuis l’aéroport : le métro à Athènes, le bus à Thessalonique.
Deux remarques sur cette liste. D’abord, elle ne nomme aucune île : la formule qui les couvre est « les lieux touristiques », pas un nom précis. Ensuite, elle mélange deux logiques — la foule (Monastiráki, l’Acropole) et l’isolement (Filopappou). Les parades ne sont pas les mêmes : dans la foule, on protège ses poches ; sur une colline vide en fin de journée, on choisit son horaire.

L’arrivée — le trajet entre l’aéroport et le centre
Si une seule ligne de la fiche mérite d’être retenue avant le départ, c’est celle-là : les transports vers et depuis l’aéroport sont nommés à part. À Athènes, c’est le métro ; à Thessalonique, le bus.
Le moment est logique. On arrive avec tous ses papiers sur soi, une valise qui occupe les deux mains, un téléphone sorti pour vérifier l’adresse, et l’attention d’un trajet qu’on fait pour la première fois. C’est le seul instant du séjour où l’on transporte simultanément ce qu’on ne veut pas perdre et où l’on est le moins disponible pour le surveiller.
- Préparez le trajet avant de passer la douane : la ligne, le terminus, l’arrêt. On consulte beaucoup moins son téléphone quand on sait où l’on descend.
- Les papiers ne voyagent pas avec l’argent. Le Quai d’Orsay le formule ainsi : ne pas regrouper documents et espèces dans un seul sac.
- Gardez une photocopie ou une photo de la carte d’identité ailleurs que dans le sac qui la contient — c’est la recommandation explicite de la fiche.
- Le sac à dos passe devant dans la rame. Ce n’est pas de la paranoïa : c’est le seul endroit du trajet où vous ne voyez pas votre propre dos.

Ce que demande la police grecque — la table, la chambre, le distributeur
La police grecque publie chaque été un rappel de prévention. Il ne parle pas de techniques spectaculaires : il énumère les gestes qui, mis bout à bout, expliquent la majorité des vols déclarés.
- Sur une table, rien. Dans les bars, cafés, restaurants et lors des événements en plein air, ne laissez pas portefeuille, lunettes, téléphone, clés ou sac posés sur la table ni sur le siège voisin. C’est le point que la police répète le plus.
- Sur la plage, rien sans surveillance. Les effets personnels ne restent jamais seuls, même quelques minutes.
- La chambre se ferme même pour dix minutes, hôtel comme location.
- Au distributeur, de la discrétion — et pas de grosses sommes sur soi dans les transports en commun.
- La voiture de location : stationnement dans une rue éclairée la nuit, jamais dans un endroit isolé, véhicule verrouillé et vitres fermées, et rien de visible à l’intérieur — y compris les lunettes de soleil. La fiche française recommande de son côté de privilégier les parkings sécurisés.
Aucune de ces consignes n’est spécifique à la Grèce. Ce qui l’est, c’est la saison : c’est un rappel d’été, publié parce que les déplacements vers le littoral et les destinations touristiques augmentent à ce moment-là.
Ce qui n’est pas un vol — la route, la mer, le feu
Le vol est le risque le plus probable, mais ce n’est pas le plus grave. Quatre points de la fiche française relèvent d’une autre catégorie, et deux d’entre eux se préparent avant de partir.
- La route. Le taux d’accidents mortels est élevé en Grèce, et notamment en Crète. La location de quads est déconseillée sans formation appropriée : des accidents graves, parfois mortels, sont déplorés chaque année.
- La mer. Privilégiez les plages surveillées et respectez les consignes des gardes-côtes. Certaines plages connaissent des courants dangereux qui ne sont pas signalés.
- Le feu. Les incendies sont fréquents l’été et peuvent être imprévisibles. La protection civile grecque publie chaque jour une carte du risque d’incendie ; la fiche recommande de la consulter quotidiennement pendant le séjour.
- Le séisme. Le risque sismique est élevé et les tremblements de terre sont fréquents dans tout le pays. La Grèce dispose d’un système d’alerte par SMS géolocalisé, GR-Alert : laissez la géolocalisation de votre téléphone active pour le recevoir.
Un dernier point, qui surprend les Français : couteaux, canifs et bombes lacrymogènes sont considérés comme des armes en Grèce, et des arrestations ont lieu régulièrement pour ce motif. Un couteau de poche oublié au fond d’un sac n’est pas un détail à l’aéroport.
Questions fréquentes
La Grèce est-elle sûre ?
Pour la France, oui : tout le pays est en vigilance normale. La question utile n’est donc pas « est-ce dangereux ? » mais « comment ne pas se faire voler ? », et la réponse tient à des gestes, pas à des quartiers interdits.
Santorin ou Mykonos, est-ce plus tranquille qu’Athènes ?
La fiche française ne nomme aucune île — mais elle ne les exclut pas non plus : sa formule est « les lieux touristiques », et un village des Cyclades au coucher du soleil en est un. Le rappel estival de la police grecque vise d’ailleurs explicitement les plages et les terrasses. Autrement dit : moins de foule qu’à Monastiráki, mais les mêmes gestes.
Peut-on se promener avec un sac à dos ?
Oui, à condition de le passer devant dans les transports et dans la foule. Le principe que répète la police grecque est plus simple encore : ce qui a de la valeur n’est jamais hors de vue, ni sur une table, ni dans le dos, ni dans une voiture.
Et les manifestations ?
Il y en a régulièrement, et les lieux sont connus : à Athènes la place Syntagma devant le Parlement, la place Omónia et ses environs, l’École polytechnique et le quartier d’Exárcheia ; à Thessalonique la place Aristotélous et l’avenue Egnatía. Ce sont des endroits à contourner le jour venu, pas des quartiers à éviter en permanence.
Si cela arrive — l’ordre des démarches
Chercher les numéros au moment du vol fait perdre du temps. Décidez de l’ordre avant de partir.
- 1) Police : 100. La police grecque demande d’être prévenue immédiatement, y compris en cas de tentative. En cas de danger nécessitant une assistance immédiate, composez le 112 — comme en France, et la réponse y est assurée en grec, en anglais et en français.
- 2) Faites opposition sur vos cartes auprès de votre banque. Notez le numéro d’opposition avant de partir, pas sur la carte elle-même.
- 3) Si vos papiers ont disparu : déclaration à la police, puis démarche auprès de l’ambassade de France à Athènes (coordonnées et horaires sur son site officiel). Pour la Grèce, une carte nationale d’identité suffit à voyager — c’est elle qu’il faut pouvoir remplacer.
- 4) Gardez le justificatif de la déclaration : il est demandé par les assurances et pour contester une opération frauduleuse sur une carte.
À lire ensuite — organiser le voyage en Grèce
- Que voir en Grèce — les 11 sites, d’Athènes aux Cyclades.
- Saut d’île en île dans les Cyclades — relier Mykonos et Santorin sans perdre une journée.
- Santorin — vivre sur le bord de la caldeira, pas la photographier.
- Où loger à Santorin — Oia ou Fira, la seule vraie question.
- La Grèce, guide pays — l’entrée vers tous nos articles grecs.
La situation peut évoluer. Avant de partir, consultez la fiche Grèce des Conseils aux voyageurs du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et inscrivez votre séjour sur Ariane pour recevoir les alertes locales (sources de cet article vérifiées le 2 octobre 2026).



