Le Vietnam n’est pas un pays dangereux au sens où on l’entend d’habitude : le niveau de criminalité de droit commun y reste faible dans la plupart des régions. Ce qui arrive réellement aux voyageurs est plus banal et plus ciblé — un téléphone arraché depuis une moto, une poche vidée dans la foule, une invitation à « jouer » qui finit mal.
Cet article s’appuie sur la fiche Sécurité Vietnam de France Diplomatie (mise à jour le 15 septembre 2026), qui a l’avantage de nommer des rues précises, et sur ce que nous faisions nous-mêmes à Hô Chi Minh-Ville pour ne pas offrir d’occasion. Il se termine par une démarche que beaucoup de voyageurs ignorent : la déclaration de vol qu’il faut obtenir au commissariat.

Le niveau de sécurité au Vietnam — « vigilance renforcée », pour des vols
France Diplomatie place l’ensemble du territoire vietnamien en vigilance renforcée — un cran au-dessus de la « vigilance normale » de la Grèce ou du Danemark. Aucune région n’est pour autant déconseillée, et la fiche précise que le niveau de criminalité de droit commun reste faible dans la plupart des régions.
Ce qui justifie la vigilance, c’est la petite délinquance : elle se développe à Hanoï, et de manière plus marquée à Hô Chi Minh-Ville ainsi que dans les régions touristiques — Sa Pa et Nha Trang sont citées. Et elle vise les étrangers, plus précisément les touristes. Autrement dit, le risque ne tient pas au pays, mais au fait d’y être visiblement de passage.

Quatre façons de se faire voler — et les rues où cela arrive
La fiche française ne parle pas seulement de « quartiers touristiques » : elle cite des rues. À Hô Chi Minh-Ville, Dong Khoi, Nguyen Hue, Le Lai, Le Loi et Pham Ngu Lao ; à Hanoï, le quartier des 36 rues et les abords du lac Hoan Kiem. Ce sont précisément les adresses de la plupart des itinéraires — ce qui en fait des lieux à connaître, pas à éviter.
① Le vol à l’arraché — souvent depuis une moto
C’est le premier mode opératoire que cite le Quai d’Orsay, et le plus caractéristique du pays : les vols à l’arraché sont « souvent effectués à moto ». Le voleur prend au passage ce que l’on tient, sans s’arrêter.
- Ce qui est visé : ce que l’on tient à la main ou que l’on porte du côté de la rue — un téléphone, un petit sac.
- Le geste qui change tout : quand nous marchions à Hô Chi Minh-Ville, le téléphone restait toujours dans la main opposée à la chaussée. Pour consulter une carte, on s’arrête et on se colle à la façade — l’occasion disparaît.
- Le sac se porte côté immeuble, pas côté circulation.

② Le pickpocket — dans la foule
Deuxième mode cité : les vols par des pickpockets. Ils se produisent là où la foule est dense — les rues que nomme la fiche en sont l’exemple même.
- Le passeport reste au coffre de l’hôtel, et l’on circule avec une photocopie : c’est la recommandation explicite de la fiche.
- Le sac à dos passe devant dans la foule — c’est le seul endroit du parcours où l’on ne voit pas son propre dos.
- Argent et cartes ne voyagent pas ensemble : ce qu’un pickpocket emporte d’un coup doit rester limité.
③ Au distributeur — dans les quartiers touristiques
La fiche demande d’être vigilant au moment de retirer de l’argent aux distributeurs automatiques dans les quartiers touristiques — c’est-à-dire précisément là où l’on retire, puisque ce sont les rues où l’on passe. Le moment est court mais exposé : carte, code et billets sont sortis en même temps, au milieu de la rue la plus fréquentée du quartier.
④ L’invitation à jouer — et les escroqueries qui commencent par une conversation
Le troisième terme de la fiche, « escroqueries », recouvre un cas que le Quai d’Orsay détaille : le jeu.
- Les jeux d’argent sont interdits au Vietnam, et des escroqueries au jeu se sont développées à Hô Chi Minh-Ville. La consigne est nette : refuser toute incitation à jouer. Accepter, c’est à la fois perdre sa mise et participer à une activité illégale.
- Les fausses locations en ligne : la fiche signale la récurrence d’annonces fictives, y compris sur des plateformes reconnues. On ne verse jamais d’argent hors de la plateforme, et on se méfie d’une demande de paiement direct.
Se déplacer et payer — ce que nous faisions sur place

Les modes opératoires connus, voici comment ils se traduisent dans un séjour réel. Rien de spectaculaire : il s’agit surtout de réduire le nombre de fois où l’on sort son portefeuille dans la rue.
- En ville, une application de VTC (Grab) : la destination et le prix sont fixés avant de monter, sans négociation sur le trottoir. Installez-la et validez votre compte avant le départ. Si vous prenez un taxi dans la rue, seulement une compagnie officielle (Vinasun, par exemple).
- Une carte enregistrée dans l’application : moins d’argent liquide échangé, c’est moins de moments où le portefeuille est ouvert.
- Les montants en dongs (VND) comportent beaucoup de zéros — le plus gros billet vaut 500 000 dongs. Prenez l’habitude de compter les zéros avant de sortir les billets : plus vous lisez vite un prix, moins longtemps votre portefeuille reste ouvert dans la rue.
- La circulation est dense et dangereuse, rappelle la fiche, qui déconseille aussi de conduire de nuit ; à moto, le casque est obligatoire. Pour traverser à pied, avancez à vitesse constante et lente : les deux-roues vous contournent tant que vous restez prévisible.
Questions fréquentes
Le Vietnam est-il sûr ?
Oui, au sens où la criminalité de droit commun y reste faible dans la plupart des régions. Mais le pays est en « vigilance renforcée » pour une raison précise : la petite délinquance qui vise les touristes progresse. La bonne lecture est donc « peu de risque grave, beaucoup d’attention à ses affaires ».
Où faut-il être le plus attentif ?
Là où la fiche les nomme : à Hô Chi Minh-Ville, les rues Dong Khoi, Nguyen Hue, Le Lai, Le Loi et Pham Ngu Lao ; à Hanoï, le quartier des 36 rues et le lac Hoan Kiem ; et dans les régions touristiques comme Sa Pa et Nha Trang. Ce sont les lieux de tout itinéraire : on ne les évite pas, on y adopte les gestes ci-dessus.
Peut-on sortir le soir ?
Ce que la fiche déconseille le soir, c’est surtout de conduire de nuit, à cause de la circulation. À pied, dans les rues animées du centre, ce sont les mêmes gestes qu’en journée — avec un point d’attention de plus : un écran allumé se voit de loin dans l’obscurité. Pour consulter une carte, entrez dans un café ou adossez-vous à une façade.
Que faire en premier après un vol ?
Bloquer vos cartes, puis obtenir une déclaration de vol — et non de perte — au commissariat. Ce second point paraît administratif ; il est décisif si votre passeport a disparu, car sans déclaration de vol, l’ambassade ne peut pas délivrer de document de retour.
Si cela arrive — l’ordre des démarches
Chercher les numéros au moment du vol fait perdre du temps, et au Vietnam la barrière de la langue en fait perdre davantage. Décidez de l’ordre avant de partir.
- 1) Faites opposition sur vos cartes auprès de votre banque. Notez le numéro d’opposition avant de partir, pas sur la carte elle-même.
- 2) Police : 113. Le Quai d’Orsay prévient qu’il peut être difficile de se faire comprendre et de faire enregistrer sa plainte, et que le commissariat accepte parfois seulement d’enregistrer une déclaration de perte. Insistez pour une déclaration de vol.
- 3) Si votre passeport a disparu : c’est cette déclaration de vol qui est obligatoire pour obtenir un laissez-passer ou un passeport d’urgence auprès de l’ambassade de France à Hanoï ou du consulat général à Hô Chi Minh-Ville (coordonnées et horaires sur leurs sites officiels). Une carte d’identité ne suffit pas pour le Vietnam : c’est bien le passeport qu’il faut remplacer.
- 4) Gardez le justificatif : il est demandé par les assurances et pour contester une opération frauduleuse sur une carte.
À lire ensuite — organiser le voyage au Vietnam
- Hô Chi Minh-Ville en 3 nuits — le fleuve, le delta et les tunnels.
- Que voir au Vietnam — les 9 sites autour de Hô Chi Minh-Ville.
- Le delta du Mékong en une journée — les canaux à la rame et les lucioles.
- Les tunnels de Củ Chi — une demi-journée sous terre.
- Le Vietnam, guide pays — l’entrée vers tous nos articles vietnamiens.
La situation peut évoluer. Avant de partir, consultez la fiche Vietnam des Conseils aux voyageurs du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et inscrivez votre séjour sur Ariane pour recevoir les consignes de sécurité en temps réel (sources de cet article vérifiées le 2 octobre 2026).



