Reportage sur placeseptembre 2023, dégustations à Manille et à Bohol
Tarifs et règles vérifiés lejuillet 2026
Peu de Français sauraient répondre du tac au tac à la question « c’est quoi, la cuisine philippine ? ». Elle reste dans l’ombre de la thaïlandaise et de la vietnamienne, dont les adresses sont partout — alors qu’en réalité, c’est une cuisine à trois temps, acidité, gras et sucre, faite pour le riz. Voici les cinq classiques à manger en premier et la façon de choisir son adresse.
D’abord la conclusion — une cuisine construite autour du riz
- Le premier repas, c’est le sisig : du porc émincé qui grésille sur une plaque de fonte. Imbattable dans le pays, aussi bien avec de la bière qu’avec du riz.
- Pour la soupe, le sinigang : le plat national le plus acide d’Asie, porté par le tamarin. On comprend sur place que l’acidité est une bonne idée dans les pays chauds.
- Dans le doute, une adresse de cuisine philippine moderne : à Manille, une maison comme Manam, qui sert les classiques avec la sensibilité d’aujourd’hui, est le raccourci pour un débutant.
- Deux places à réserver au sucré : le leche flan et le halo-halo. Le second se sert avec une générosité qui surprend.
Sisig et sinigang — le gras de la plaque et l’acide du tamarin


Le sisig se compose de joue de porc et d’autres morceaux finement hachés, assaisonnés au calamansi (l’agrume local) et au piment, puis servis sur une plaque de fonte brûlante. Cassez un œuf cru dessus, mélangez, et l’assiette de riz disparaît sans que vous vous en aperceviez. Face à lui, le sinigang est une soupe copieuse dont la vedette est l’acidité du tamarin. La première cuillerée arrache un « c’est acide ! », mais mangée sous ce climat chaud et humide, on comprend enfin à quoi sert cette acidité. Il en existe des versions au porc, à la crevette et au poisson : dans le doute, commencez par le porc.
Inasal et lechón — le charbon et la broche, les deux géants


Le chicken inasal est un poulet mariné au rocou (la graine de l’arbre à rouge) et à la citronnelle, puis grillé au charbon. Dans les chaînes spécialisées, le riz à volonté est de série, et les habitués mangent franchement avec les doigts (il y a toujours un lavabo : essayez à la locale). Et le roi des plats de fête, c’est le lechón, le cochon de lait rôti entier. On vous découpe la peau croustillante et la chair grasse, à manger avec une sauce au foie ou du vinaigre. Ces cochons luisants alignés sur les étals des marchés et des maisons spécialisées sont le signal national qu’aujourd’hui est un jour à marquer.
Le sucré et le choix de l’adresse — le leche flan et les « modernes »


Le dessert de référence est le leche flan. C’est un flan, au sens le plus littéral — sauf qu’il est monté avec une telle proportion de jaunes d’œufs qu’il est plusieurs fois plus dense que celui que vous connaissez, et qu’il en devient presque tranchable. Le roi de la glace pilée, le halo-halo (« mélange-mélange » en tagalog), superpose glace à l’igname violette, flan, haricots sucrés et nata de coco dans un verre haut, et se mange en fouillant du fond vers la surface. Si vous hésitez sur l’adresse, allez à Manille dans une maison de « cuisine philippine moderne » comme Manam : les classiques s’y commandent en tailles S, M ou L, ce qui rend cinq plats accessibles même à deux. Dans les succursales installées dans les centres commerciaux de Makati ou de BGC, la question de l’hygiène ne se pose pas non plus.
Informations pratiques
- Ordres de prix — dans une cantine locale, 200 à 400 pesos le repas ; dans un restaurant de centre commercial, 400 à 800 pesos ; même dans une adresse courue du niveau de Manam, de 1 000 à 1 500 pesos par personne (juillet 2026, variable selon le change).
- Les cinq premiers plats — sisig, puis sinigang, chicken inasal, lechón et leche flan. Dans cet ordre, aucun risque de se tromper.
- Hygiène — attendez que le corps s’acclimate avant de vous lancer dans la cuisine de rue. Pour la glace et les crudités, choisissez votre adresse, et buvez de l’eau en bouteille.
- Commander — reprendre du riz (« extra rice ») est parfaitement normal. Chez Manam et assimilés, la taille S permet de multiplier les plats.
- Entrée — exemption de visa pour 30 jours pour les Français, enregistrement eTravel (gratuit) obligatoire. Détails dans le guide Manille et Bohol en une semaine.
Où manger — choisir l’adresse et l’insérer dans le programme
Aux Philippines, les mêmes noms de plats figurent aussi bien sur un étal de rue qu’à la carte d’une grande table : le choix de l’adresse change complètement l’impression que vous en garderez.
- L’option du buffet flottant : sur la rivière Loboc, à Bohol, la spécialité est une croisière-déjeuner à bord d’un restaurant flottant couvert transformé en bateau (buffet compris, environ 1 000 pesos). Le paysage et le repas se digèrent en même temps : parfait pour une journée chargée (juillet 2026).
- À Manille, mangez la ville comme une ville : à plat identique, la cantine locale et la table moderne d’un centre commercial n’ont ni le même prix ni le même goût. En essayant les deux dans la même journée, vous prenez la mesure de l’amplitude de cette cuisine.
Pour l’itinéraire qui associe l’île et la ville, voyez Manille et Bohol en une semaine.
À lire ensuite — construire son voyage aux Philippines
- La vue d’ensemble du séjour → Manille et Bohol en une semaine
- La journée de grands paysages sur l’île → Bohol, la journée dans les terres
- Choisir sa destination par la table → Destinations gastronomiques


