Leonards Bakery retro sign and storefront, Honolulu

Manger à Honolulu — le creuset qui n’existe nulle part ailleurs

PHOTO: TRAVELERS ROUTE

Ni cuisine américaine ni cuisine polynésienne : cent ans de métissage entre cuisines japonaise, portugaise, chinoise et philippine. Le matin, le midi, le goûter et le soir.

Travelers Route  /  Articles

12 min de lecture

Reportage sur placefévrier 2026, une semaine de dégustations

Tarifs et règles vérifiés lejuillet 2026

La cuisine d’Honolulu n’est pas « américaine ». C’est un creuset qui n’existe nulle part ailleurs : la culture alimentaire hawaïenne autochtone, mêlée pendant plus d’un siècle aux saveurs qu’ont apportées les migrants japonais, portugais, chinois et philippins. Voici la stratégie gagnante pour le matin, le midi, le goûter et le soir.

D’abord la conclusion — le plan d’une journée gourmande

  1. Le matin, un açaí bowl ou un loco moco : les adresses réputées font la queue dès l’ouverture. Y aller à l’ouverture est le plus fluide.
  2. À midi, entrez dans la culture du « plate lunch » : crevettes à l’ail, poke, barbecue — une barquette avec deux boules de riz reste la façon de manger la plus rentable de l’archipel.
  3. Au goûter, la malasada, sans discussion : ce beignet hérité des migrants portugais se commande impérativement « tout juste frit ».
  4. C’est cher — mais on s’en sort par la rue : un dîner au restaurant dépasse vite 50 $ par personne, plus 15 à 20 % de pourboire. En bâtissant les journées autour des food trucks et des plate lunches, le total change du tout au tout.

Le matin — Waikiki commence par un açaí bowl

Acai bowl with berries and bee pollen, Waikiki, Honolulu
L’açaí bowl. On mange en mélangeant petit à petit la montagne de baies, de banane et de pollen — PHOTO: TRAVELERS ROUTE (février 2026)

À Waikiki, la matinée commence par un açaí bowl : un smoothie d’açaí sur lequel s’empilent granola et fruits, exactement à l’endroit où la culture des cafés « healthy » rencontre une île à fruits tropicaux. Comptez autour de 15 $ dans les cafés-bars à jus du quartier des hôtels. Pour les appétits sérieux, il y a le loco moco — steak haché en sauce, œuf au plat et riz. Ce classique local né à Hilo en 1949, servi sur la plancha d’un diner ancien, a le goût du quotidien hawaïen.

Le goûter — chez Leonard’s, attendez la fournée

Leonard's Bakery retro sign and storefront, Honolulu
L’enseigne rétro de Leonard’s Bakery. On y accède aussi avec TheBus, le réseau municipal — PHOTO: TRAVELERS ROUTE (février 2026)
Box of fresh malasadas from Leonard's Bakery, Honolulu
Les malasadas encore chaudes, roulées dans le sucre. La vapeur qui s’échappe de la boîte fait partie du plaisir — PHOTO: TRAVELERS ROUTE (février 2026)

Le souvenir gourmand par excellence, la malasada, est un beignet apporté au XIXe siècle par les migrants portugais venus travailler dans les plantations de canne à sucre — autrement dit, exactement le beignet que vous connaissez, arrivé ici par le Portugal et resté. La maison mère est Leonard’s Bakery, ouverte en 1952 : on frit à la commande, et la boîte arrive brûlante, croustillante dehors et moelleuse dedans. Outre la version nature (au sucre), il en existe des fourrées à la crème pâtissière ou au haupia (noix de coco). À moins de dix minutes de voiture de Waikiki, et l’enseigne rétro est un lieu de photo réputé. La file avance vite : ne vous laissez pas décourager.

Le midi — le plate lunch et les crevettes à l’ail

Garlic shrimp plate lunch with rice, Oahu
La barquette de crevettes à l’ail. Le riz imbibé de beurre et d’ail fait partie du plat — PHOTO: TRAVELERS ROUTE (février 2026)

À midi, la vedette est le plate lunch — une barquette où un plat s’accompagne de riz et de salade de macaronis, une culture née des gamelles des ouvriers agricoles. Le roi de la catégorie, ce sont les crevettes à l’ail. Le berceau, ce sont les food trucks de la North Shore (parfaits pour le déjeuner du tour d’Oahu en voiture), mais Waikiki compte aussi des enseignes spécialisées, et l’on se cale pour 15 à 20 $. L’autre incontournable est le poke, du thon assaisonné : l’usage local consiste à l’acheter au poids au comptoir traiteur d’un supermarché et à le manger sur la plage.

Le soir — de la pizzeria de quartier au steakhouse

Shrimp and garlic pizza at a local pizzeria, Honolulu
Une pizza aux crevettes et à l’ail, dans une pizzeria de quartier à nappes à carreaux — PHOTO: TRAVELERS ROUTE (février 2026)

Le soir, l’amplitude du choix est exactement celle du budget. Nos préférées ne sont pas les grandes tables pour visiteurs mais les pizzerias et les diners que fréquentent les habitants — une pizza qui reprend telles quelles les crevettes à l’ail illustre parfaitement cette cuisine hawaïenne du « on mélange tout ». Pour un anniversaire, les steakhouses de Waikiki (comptez 70 à 100 $ par personne, plus le pourboire) ; pour une soirée sans façon, un burger local ou une aire de restauration. Partout, n’oubliez pas les 15 à 20 % de pourboire au moment de régler à table.

Informations pratiques

  • Pourboire — 15 à 20 % dans les établissements avec service à table. Dans les cafés où l’on commande au comptoir et dans les food trucks, c’est facultatif (l’écran du terminal propose aussi 0 %).
  • Ordres de prix — café du matin autour de 15 $, plate lunch de 15 à 20 $, dîner de 50 à 100 $ plus le pourboire. En vivant surtout de food trucks, une journée à une cinquantaine de dollars reste possible.
  • Éviter la file — allez dans les adresses courues à l’ouverture ou vers 14 h, aux heures creuses. Pour les malasadas, la file avance vite.
  • Se déplacer — à pied dans Waikiki ; pour les adresses un peu excentrées comme Leonard’s, TheBus (le réseau municipal) ou un VTC.
  • La culture du to-go — les portions sont généreuses, emporter les restes est la norme. Un réfrigérateur dans la chambre facilite beaucoup les choses.

À lire ensuite — Hawaï et les États-Unis

Newsletter

Une fois par mois — l’essentiel, rien d’autre.

Des idées de destinations, les nouveaux articles et des listes de préparation, chaque mois.